De la justice sociale au Maroc imposée par le parti islamiste au nombre de votants inférieur aux habitants du Draa-Tafilalet

Le Maroc compte 12 régions. L’électorat du parti islamiste au pouvoir aux multiples scandales, ne dépasse pas la moitié du nombre d’habitants de la plupart de chacune d’elles.

Récapitulons le scandale politico-social de la mi-juin qui court toujours. Deux ministres, l’un des Droits de l’Homme (ma main me démange pour écrire Homme avec un petit h) et l’autre de l’Emploi, affiliés au même parti qui mène la majorité gouvernementale (PJD au référentiel islamiste), viennent d’être absous par ce même parti. Ils continuent, la tête haute (avec un très petit h, et là je suis formelle), d’exercer leurs fonctions gouvernementales. Last but not least, l’un d’entre eux (celui de l’Emploi) préside toujours aux destinées du Conseil d’administration de la CNSS, cette caisse dont il viole le principe d’existence même et le statut. 

Topo ahurissant de la quinzaine : deux ministres contrevenants, non démissionnaires et non débarqués. C’est un peu comme être ministre de la Justice et trancher pour une procédure entachée d’irrégularités ainsi que ce fut le cas dans l’affaire qui a secoué la nation en 2012, celle d’Amina Filali mineure violée, qui s’est suicidée car forcée d’épouser son agresseur, crime que la loi autorise et qui fait ainsi éviter la prison au violeur. Mais attendez un peu, Il s’agit bien de l’actuel ministre des droits de l’Homme qui occupait alors le poste de ministre de la Justice et qui avait pris position pour le violeur à travers un communiqué officiel ! Celui-là même dont l’employée décédée des suites d’une maladie chronique n’avait jamais été déclarée à la CNSS depuis un quart de siècle ?

Faut-il pointer les hommes ? oui. Faut-il pointer les lois qui permettent de traiter les femmes comme des citoyennes de seconde zone ? oui. Faut-il pointer les dysfonctionnements qui permettent à certains de se soustraire à leurs devoirs sociaux ? oui. Faut-il pointer l’existence de partis qui obéissent à un système en marge de la loi constitutionnelle ? oui. Faut-il pointer les promesses électorales non tenues ? oui. Car « on ne fera pas un monde différent avec des gens indifférents » écrivait l’auteure indienne Arundhati Roy, militante pacifiste pour la justice sociale. Je suis convaincue que le changement durable ne peut être que pacifique, celui qui s’impose à soi et à tous quand la société entière prend position face à l’injustice sociale. Point n’est besoin de céder aux desseins obscurs de ceux qui ont gagné par les urnes. Même ceux qui ont battu leurs adversaires à majorité écrasante. Quand la rue entière désavoue une politique entière, n’a -t-on pas souvent vu des chefs d’Etat de démocraties établies ou de chefs de gouvernements « démissionner » un ou des ministre.s éclaboussé.s par des scandales financiers ou autres ? A fortiori quand le total des votants ne dépasse pas la population d’une des 12 régions du Royaume.

Petite parenthèse : le PJD a remporté les législatives de 2011 grâce à un million de Marocains sur 20 millions d’électeurs potentiels* , et celles de 2016 avec 1 618 963 de voix (27,88 % des votants). A titre d’exemple, la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima selon les chiffres du recensement de 2014, abrite 3 556 729 habitants , Meknes -Fès, 4 236 892 habitants, Casablanca-Settat, 6 861 739 habitants et le Drâa-Tafilalet, 1 635 008 habitants.

Toutes les missions ne doivent pas forcément arriver à terme. Surtout celles qui sont socialement injustes. Oui la justice sociale est différente de la justice au sens strict du terme. Elle a été défendue par Mahomet, mais pour ne pas me mettre à dos les barbus et les barbues qui s’arrogent le droit d’interpréter l’hagiographie, parlons de John Rawis, dans son ouvrage Théorie de la Justice. Rawis disait, il y a un demi-siècle, qu’une société juste est celle qui respecte ces trois principes dans l’ordre suivant : la  garantie des libertés de base égales pour tous, l’égalité des chances et le maintien des seules inégalités qui profitent aux plus défavorisés.

C’est en quelque sorte ce qui s’est passé au Maroc lorsque le roi a ordonné les mesures en faveur des plus vulnérables dès l’apparition du coronavirus, puis en faveur de ceux qui travaillaient dans l’informel, puis certains secteurs de l’économie selon l’évolution de la pandémie, du confinement et par ricochet de la diminution ou cessation de l’activité économique selon les filières. Car la justice sociale repose toujours sur le contexte et son évolution. Son objectif est de faire avancer la justice globalement, là où elle pèche selon le contexte par un manque de lois pour réduire ou écarter les inégalités. Utopiste ? Moi je dirais progressiste car c’est une démarche impliquée avec les gens sur la base de l’équité et de l’égalité sociales culturelles et financières. Et être impliqué n’est-il pas un des contraires d’être indifférent ?

D’après le recensement général de la population et de l’habitat de 2014, la population marocaine est de 33.848.242 dont 33.762.036 Marocains et 86.206 étrangers. Le nombre de ménages est de 7.313.806.

Je, ce physique qui me ressemble tant

 Collection « Poème sans gravité » 

Je suis faite de larmes et de rires. Infiniment plus de larmes de joie et d’émotions que de tristesse. De ces larmes qui roulent au coin de l’œil et se figent doucement. Pas de celles qui coulent et creusent l’ovale du menton pour transpercer le cœur en un déferlement houleux . Mais plutôt celles du sentiment qui pour s’exprimer a trouvé l’ouverture qu’offre l’oeil, quand il n’a pas eu le loisir d’être verbalisé. Le sentiment n’aime pas le silence. Il lui faut être dit, vu et partagé. Il est porté par les sensations que procurent les gens, les animaux, les lectures, la musique, les tableaux, la nature et les matériaux, et bien d’autres choses encore tout aussi vastes. Puis le sentiment, car c’est dans sa nature, se laisse poser pour se reposer de ce voyage entre les autres et soi, quelque part sur le chemin ou à destination, par exemple chez moi. 

Je suis faite de souffrances aussi, très peu. Ah ! les souffrances. Qui peut les nier ? Rares, rarissimes, même, mais très intenses et siamoises. Elles me font la paire dure, me dédoublent et me parlent chaque jour, mais ne me reflètent pas. Serait-ce pour faire la paix avec la partie rieuse qui me compose ? Ce qui est sûr, c’est qu’elles font écho au silence et se nourrissent spécialement de celui qui est criant.

Je suis également faite de temporel, de l’amour du jour et de la nuit qui rythment la nature, les espaces, l’empreinte de l’humain dans une farandole invariable, celle qui meut et émeut quelques membres du corps pour atteindre le cerveau. Ce cerveau, qui redistribue de nouveau toutes ces sensations en touches épidermiques, visuelles, auditives, gustatives, olfactives, tactiles qui nous propulsent vers la curiosité du sensoriel et du spirituel. 

Je suis assurément faite de douceur et de gourmandise. Je le sais car je les palpe ou peut être que ce sont elles qui me palpent et donnent de la saveur à toute chose.

Je suis faite, malgré tout, de ce physique qui me ressemble tant. Comme ce nez longuement centré qui pend au visage tel un profil impertinent à l’entrée d’un hémicycle de vieux sages.

Le concept de l’islamisme «modéré», attribué au PJD, est une insulte immodérée à l’entendement humain

Si à islamisme modéré, on oppose islamisme violent, il faudrait s’entendre tout d’abord sur la définition d’un acte ou d’un propos violent. 

Le PJD qui nous gouverne depuis 2012 -à la faveur de la disgrâce des partis politiques sans référent religieux auprès de l’électorat- et auquel on attribue ce qualificatif de parti islamiste modéré ne me semble pas le mériter. 

La violence de ses prises de positions au moment où un sursaut et une volonté réels existent pour se départir des inégalités existantes est inouïe quand la majorité des députés islamistes bloque les réformes concernant les libertés individuelles, l’application de l’égalité hommes-femmes notamment en matière d’héritage et de salaire égal à tâche égale, la loi sur le viol ou le code pénal. Décider, à titre d’exemple, de maintenir l’infériorité de la femme, c’est décider de l’assujettir au bon vouloir de l’homme, un peu comme à un ordonnateur de fetwas agissant sur l‘élément féminin de sa famille. Lui enlever sa liberté d’agir, de dire non à des unions invivables, lui interdire d’avoir la même part financière que l’homme, d’être le tuteur légal de son enfant au même titre que l’homme conduit à bien des drames et sépare bien des vies. 

Si par islamisme modéré on entend l’islamisme qui, à la fois ou séparément, ne tue pas, ne bombarde pas, n’émet pas de fetwa (sentence qui fait office d’un jugement sans appel), j’admets ne pas savoir ce que c’est. 

Ne pas payer les cotisations sociales de ses employés c’est plus que violent, c’est précipiter leur mort en cas de non prise en charge médicale minimale au besoin. Et c’est, faillir en tant que dirigeants à tenir les promesses sociales de leur parti faites en 2011.  

Quand les ministres et députés islamistes dans des affaires de moeurs, bénéficient d’impunité pendant que des adultes consentants lambda sont emprisonnés et, vu le poids de la société, souvent mis au ban de leurs familles et/ou professions, les laissant à la merci de l’aléatoire, la modération n’est certes pas au rendez-vous.

Rien n’est modéré dans l’islamisme qui décide en toute impunité de vivre selon sa propre réglementation quand le Marocain ordinaire est assujetti aux lois jugées rétrogrades et liberticides, qui restent bloquées par la majorité gouvernementale au parlement. N’est certainement pas modéré celui qui sort de la législation en vigueur. Les adeptes de cet islamisme qui ne se soumettent pas aux lois ni à la Constitution de leur pays, qui sont soutenus par leurs coreligionnaires malgré les injustices et les fraudes font donc allégeance à un autre ordre que le cadre légal national. C’est en cela que les réformes pour améliorer des lois émanant de la charia ou du droit positif qui régissent le pays et la vie des citoyens, n’intéressent pas cet islamisme-là. La réforme dans le sens de jurisprudence qui est inscrite dans l’ADN de l’Islam pour se conformer à la vie moderne, n’est pas leur doctrine. La leur est réactionnaire.

In Fine, le choix du qualificatif « modéré » qui leur est collé, reste applicable à un certain formalisme, comme pour contenir le caractère radical de l’islamisme, sans s’en départir. Or, ce que l’on essaie de contenir de manière artificielle, ne finit-il pas par déborder ? Car si le plan réel de cet islamisme était rénovateur, social et réformateur, on l’aurait qualifié de pacifique, adjectif qui s’oppose à violent (en référence au takfirisme) contrairement au terme « modéré ».

Un rappel s’impose : de l’affaire des « triya » et de l’encensement de la polygamie de Abdel Ilah Benkiran aux fraudes de la CNSS attribuées à Ramid et Amekraz, en passant par les histoires d’adultère de Fatima Nejjar et Omar Benhammad, des ministres Benkhaldoun et Choubani, ainsi du ministre Yatim et sa kinésithérapeute à Paris ou encore des escapades à la tournure pas très « islamiste » de Amina Maaalainine, sans oublier les scandales de détournements de fonds qui entachent la gestion de présidents de commune et de région dont El Habib Choubani et Imane Sbiyer, les interdits qui s’envolent pour les leurs mais persistent pour le commun des mortels, montrent à la population que l’islamisme est loin d’être un projet pour tous et encore moins le référent identitaire qui unirait les Marocains. L’indice du développement humain, année après année, depuis 2012, est loin d’être reluisant. L’indice de corruption témoigne de l’échec de la promesse de moraliser la vie publique. En plus de la faillite à montrer une vie exemplaire basée sur un référent islamiste qui se disait unificateur vient s’ajouter la faillite de leurs promesses de croissance et d’une amélioration du quotidien. De tous les indicateurs de développement économique et social, seul le doing business est satisfaisant mais est-ce grâce au PJD ? 

La symbolique de la mort ne s’en départit guère. Ce parti n’a-t-il pas asphyxié la souveraineté économique du pays en s’endettant auprès du FMI comme jamais cela n’a été le cas au Maroc, en dépit de toutes les résistances à ce genre de mesures. Le PJD a failli à ses promesses de croissance par là même et en ne consultant pas les Marocains sur les politiques publiques dans les domaines économique et social. Il n’y a pas de place à l’allégorie quand les populations vulnérables d’un pays comme le nôtre sont touchées dans leur capacité à se nourrir, se soigner, se loger et quand la capacité du tissu économique à créer de la croissance est fragilisé.

L’oralité à travers réseaux sociaux se renouvelle comme arme de transmission massive

S’il y a une chose essentielle dans le monde digital, c’est la force de partage et le retour en force de l’oralité.

Une vidéo a retenu mon attention celle de Mustapha Swinga publiée, hier, vendredi 12 juin,  sur sa chaîne Youtube (https://youtu.be/HNNvzAgcLzo) où d’un conte d’origine amazigh sur 7 sœurs qui pour fuir une ogresse à leurs trousses, se réfugient sur un roc et s’élèvent vers le ciel en devenant des étoiles qui forment la constellation des Pléiades. Swinga montre que ce conte est partagé par la mémoire populaire au Japon, en Inde, dans l’Egypte ancienne, la Grèce antique, la tradition indienne en Amérique et remonte même à 17.000 ans plus tôt, l’histoire étant représentée dans un dessin rupestre découvert en France. 

Il est communément admis que le propre du conte est sa transmission orale et sa fonction éducative, qu’elle englobe une morale, une philosophie ou une esthétique. L’écrit le fixe, mais il n’existe pas sans la répétition orale de génération en génération. 

Dans sa séquence Youtube, Swinga montre que l’humanité de ses débuts à aujourd’hui, au plus fort des tourments comme des périodes de félicité s’émeut de la même manière à la vue du beau. L’espace-temps ne change en rien l’émerveillement de l’humain face au beau et à l’esthétique. L’humanité a toujours transmis par la parole oralement, le dessin, la représentation théâtrale, ce qu’il a ensuite écrit.

Aujourd’hui, l’humain investit l’espace du web soit dans sa manière la plus rustique en parlant face à une caméra, ou en mettant en scène l’histoire qu’il a à raconter, en usant de mécanismes imagés qui vont retenir l’attention de l’auditoire plus facilement que la voix pour seul support, et encore plus facilement que l’effort que demande la lecture d’un écrit. De cette manière, les personnes atteintes ne sont plus juste la cible immédiate de l’orateur mais toute personne ayant accès aux réseaux sociaux, grâce à la fonction de partage des uns et des autres, en dehors des moteurs de recherches par sujet ou thèmes.

L’oralité revient en force car les réseaux sociaux permettent de diffuser à l’instant T mondialement une histoire, une idée, une doctrine. Et c’est ce genre de partage qui unifie à travers une histoire commune en l’argumentant par des faits, pour asseoir sa crédibilité et par une mise en scène qui émerveille l’auditeur/spectateur, que je salue ici dans la langue maternelle (dans la capsule de Swinga, la darija, [arabe dialectal] qui simplifie le message transmis). 

La toile qui unifie, notamment dans la langue compréhensible par tous, celle parlée à la maison  a son pendant :  la toile qui divise et qui répand un message de haine. Ne l’oublions pas. Partageons le beau, l’art, l’esthétique, la science, l’histoire -et pourquoi pas le droit, la politique, et tout ce qui fait la vie citoyenne ou la vie quotidienne tout simplement- qui rassemble les humains pour continuer à démettre le langage haineux, le langage extrême qui détruit.

El Mokhtari, Safsafi et Lamharzi Alaoui, des scientifiques, cibles du discours takfiri

Pour contrer le discours takfiri de mise à mort à l’encontre des scientifiques Najib El Mokhtari, Othmane Safsafi et Marouane Lamharzi Alaoui, soyons réalistes : continuons à demander l’harmonisation de lois avec les conventions internationales de lois et éduquons !

Le Ramadan à peine plié qu’éclatent des affaires qui relèvent du pire cauchemar de ceux qui peuplent un pays musulman en voie de développement comme le nôtre. Il faut comprendre par là, un pays qui est assez fort de ses acquis, régi par l’Islam et assujetti tout de même au FMI et autres fonds monétaires internationaux avec des standards et des systèmes de bons points sur les politiques économiques et des conventions de droits humains internationaux à ratifier, question de bénéfices. Bien sûr, ces conventions sont toutes en contradiction à certains points avec des lois locales fondées sur le religieux. Le législateur, maintenant jusqu’au point le plus acceptable le flou sur la loi pour que la justice maintienne l’équilibre nécessaire à l’ordre entre le religieux et le droit positif.

L’ordre -en tant que forces sécuritaires- longtemps décrié, a retrouvé une certaine sympathie populaire par un effort de transparence, de communication et de sanctions pour dépassements dans ses propres rangs. Il a même, de par son pouvoir judiciaire, trouvé la manière de protéger certaines vulnérabilités de la loi par le biais de la protection de la vie privée et des données personnelles. L’homosexualité, la consommation d’alcool, les relations sexuelles sont prohibées ? comment éviter la sanction légale sans que cela soit pris pour du détournement de la loi mais plutôt par son contournement ? en brandissant l’article sur la protection de la vie privée assorti d’autres au besoin sur la diffamation qui inclut la publication de photos et d’information sur les réseaux sociaux sans l’autorisation de la personne en cause. D’autres questions gênent concernant libertés individuelles, la laïcité car elles se frottent à des questions constitutionnelles, mais le débat est public et n’est pas forcément en opposition avec les mœurs religieuses d’une certaine catégorie de la population

L’histoire aurait pu s’arrêter là, par le jeu des équilibres de toutes les forces en présence. Mais les caractéristiques de certains groupes visent à vouloir plus : asseoir leur pouvoir, privilège, ou revenir sur le devant de la scène par n’importe quel moyen. Ces groupes -et ce sont les cellules extrémistes qui sont visée ici- n’acceptent pas le second plan et continuent à vouloir revenir là où s’est révélée leur faiblesse. Ils essaient d’étendre souvent à tort leur champ d’action. En effet, «qui vit par l’épée périra par l’épée», mais dans l’intervalle des vies sont sacrifiées. C’est pourquoi il est plus que d’actualité d’harmoniser certaines lois avec les conventions internationales ratifiées par le pays.

Commençons par ces forces affaiblies qui veulent revenir sur le devant de la scène. 

Les islamistes extrémistes adeptes de violence ou takfiris. Pourquoi je les considère comme les plus faibles ? tout d’abord, par la chasse que leur livre l’Etat, via la surveillance du territoire, et ensuite parce qu’en fin mai, ils ont tiré à tout va en même temps, dans une page FB nommée Al Baraah [l’innocence] suivie par quelque 15000 internautes, sur plusieurs personnes toutes connues, venant d’horizons aussi éloignés les uns que les autres, accusées toutes de contrevenir à la religion et méritant de ce fait la peine capitale. Sans grande conséquence sur l’opinion publique. Mais ce n’était pas l’opinion publique qui était visée. Le but d’une publication en photomontage et d’une vidéo de cibles à éliminer par la voix d’un jihadiste marocain qui s’est fait exploser en 2003 en Irak, était probablement de repérer de futures ouailles et d’exécutants en devenir, via leurs positions dans les commentaires des uns et des autres. 

Donc cette page condamne à mort pour de supposées critiques à l’encontre du prophète Mahomet, Najib El Mokhtari, Othmane Safsafi et Marouane Lamharzi Alaoui, trois scientifiques youtubeurs très suivis sur la toile, ayant pour point commun la vulgarisation et la simplification des sciences, de l’Histoire ou encore de l’actualité dans la darija, la langue du peuple. Le fait est que les propos qui leur sont attribués sont mensongers, de l’aveu sur facebook des scientifiques visés. Qu’à cela ne tienne ! Leurs photos sont tout de même venues illustrer une publication pointant des propos blasphématoires engendrant un appel ouvert à les tuer. Une sentence pour laver l’honneur du prophète et de l’Islam au moyen d’un verset punitif renfort. Petit détail sans importance : aux questions des internautes sous la publication assassine sur le type de punition, la légitimation par l’administrateur de la page, qu’en terre d’islam, la force de la jurisprudence (un allié bien confortable quand Dieu n’est pas au rendez-vous) ordonne de laver cet affront au prophète par le sang qui doit couler (et ce, sans jamais apporter la preuve d’une quelconque publication dans ce sens des accusés devant le tribunal du « dieu » de cette page). 

Bien sur le photomontage est accompagné d’un verset de la sourate numéro 63 « Les hypocrites : «Ce sont des ennemis, garde toi d’eux ! Dieu les combat ! Comment se détournent-ils ?»

Le propos ici n’est pas de contextualiser le verset ni d’analyser les mots pour décider si son  essence est parabolique et donc au sens figuré ou pragmatique et au sens propre. Les théologiens et experts en histoire l’ont fait en long et en large. Mais le propos ici est de pointer le commentaire sous cette publication cité  plus haut, à la question d’un internaute sur la procédure à suivre à l’encontre de ces youtoubeurs. L’administrateur de la page a donc fait appel à un adjuvant bien utile : la jurisprudence et son champ d’action large. Tellement large que la publication qui visait 3 personnes au départ va inclure d’autres personnes connues, du monde du cinéma Nabil Ayouch (réalisateur du film Much loved dont la controverse et la communication a dépassé les frontières) ainsi que son père fervent défenseur de la darija, de la fédération de la gauche démocratique Omar Balafrej (le seul représentant d’une idéologie politique crédible qui bénéficie d’un capital sympathie ici et ailleurs et qui défend les valeurs universelles de gauche et des libertés individuelles) et l’acteur Rafik Boubker (qui a défrayé la chronique dernièrement en parlant de religion et d’alcool). Et ce, pour des raisons évidentes : ils mettent à nu, communiquent dans un langage simple, audible, dans leur domaine d’expertise, les maux de la société, qui se confrontent à l’idée de la morale des salafistes en atteignant un large auditoire. 

C’est donc ce commentaire qui va impliquer plus largement, par un procédé connu en linguistique et philosophie le sophisme ou syllogisme faux, tous les Musulmans qui ne condamneraient pas ces personnes : «ces influenceurs et ceux qui défendent la liberté d’expression et ceux sont qui sont contre le meurtre de ceux qui insultent le prophète sont passible de mort selon la jurisprudence. A toi donc de comprendre ce qu’il faut faire». La rhétorique du takfiri est simple : en l’absence d’une annonce s’en prenant aux symboles de l’Islam ou anti-règles de ces extrémistes qui aurait « motivé » l’appel immédiat au meurtre, l’administrateur de la page Al Baraah vient à la rescousse de l’obscurantisme en éditant une fatwa contre les trois têtes pensantes et qui influencent à elles seules au bas mot près d’un million de personnes.  

Najib El Mokhtari représente 199K d’abonnés sur youtube ; Othmane Safsafi, 106 k et Marouane Lamharzi Alaoui totalise 397 k abonnés. Sans parler de leurs suiveurs sur twitter et facebook qui ne constituent pas forcément la même audience.  Des influences scientifiques comprises par tous car elles rayonnent dans la langue maternelle, qui doivent déranger les obscurantistes tout comme les anti enseignement en arabe simplifié, certes.  

Pour information, quoiqu’inutile, les trois influenceurs youtubeurs vivent à l’étranger.  Du moins c’est ce que révèle leur profil sur facebook. 

Inutile, car si dans certains commentaires l’administrateur de Al baraah fait référence à leur marocanité comme raison suffisante pour leur enlever la vie, dans d’autres il appelle au meurtre de tout musulman qui au nom de la liberté d’expression ne condamne pas ceux qui critiquent l’islam, dieu et son prophète.  La religion, à ce moment-là n’a plus de frontière, tout comme le terrorisme, il s’entend.

Ainsi la page Al Baraah condamne par transitivité, tous ceux qui sont contre leur mort, car par transitivité ce sont des ennemis de Dieu, du prophète et de l’Islam. La transitivité concept scientifique est manipulée dans le raisonnement sophiste basé sur la manipulation et non l’argumentation qui use de la raison. Et ainsi, en décortiquant ces mécanismes de persuasion du takfiri, on comprend que c’est la science qui est visée. Cette manière de rendre accessible la science, la pensée, la réflexion, de faire sur youtube des duos, des séances à deux scientifiques véritables joutes oratoires pour débattre, s’opposer ou abonder dans le même sens mais toujours grâce à l’argumentation, la réflexion, la curiosité du savoir, dans la langue d’expression la darija, dérange. Il est vrai que le takfirisme  veut rallier le maximum de gens pour élargir sa base qui exécute des lois, des fatwa décidées par une ou quelques personnes dans une logique. La science vulgarisée par ces trois youtoubeurs démontre que simplifier dans la langue comprise par tous bénéficie à un public plus large et séduit plus de monde. Les prédicateurs violents ne pouvaient pas accepter que l’on éclaire là où ils recrutent. Leur arme a été une levée de boucliers mettant leur tête en danger, les jetant à la vindicte populaire en fabriquant un mensonge aussi fallacieux que le photomontage et l’audio du kamikaze marocain mort en Irak. N’oublions pas que, selon la formule de Victor Hugo, : « Il y a par le monde beaucoup de ces petites fatalités têtues qui se croient des providences »(dans Claude Gueux).

Tous ces mensonges ou détails contradictoires aisément vérifiables sur le net, sont balayés par l’idéologie de ces salafistes sanguinaires : les takfiris « considèrent les musulmans ne partageant pas leur point de vue comme étant des apostats, donc des cibles légitimes pour leurs attaques » . Avec des noms marocains, ces trois personnes le sont constitutionnellement, quelle que soit l’aire géographique où ils se trouvent. 

L’autre aspect indissociable de l’espace c’est le temps. La sentence est valable quels que soient le lieu et le moment. Elle est exécutable ad vitam eternam. C’est le propre du terrorisme. Et c’est en cela que continuer à freiner certaines libertés individuelles en agitant la carte de l’islam modéré versus islam extrémiste violent est caduc. Car pour les takfiris, ceux qui se proclament musulmans tout en n’exécutant pas la sentence divine selon la jurisprudence qu’ils agitent sont les ennemis de Dieu et leurs ennemis au même titres que les athées et autres cibles de leurs violence. 

Ainsi, à partir d’un syllogisme faux, donc de rien, la condamnation à mort est tombée. Mais ce rien pour détruire des personnes gênantes, devait être tout de même validé pour ces takfiris par un argument vérifiable. Ils l’ont trouvé en l’acteur Rafik Boubker en associant son image à celle des trois youtoubeurs. Pour rappel, l’acteur bien imbibé avait dans un live, appelé à faire les ablutions avec de l’alcool. Interpellé par la police il a présenté ses excuses au peuple marocain, en sortant la carte de son appartenance à l’Islam,  l’Islam étant religion d’Etat. Mais cela nous y reviendrons un peu plus bas.   

De ce fait, de fil en aiguille, l’argument cousu de blanc était trouvé. 

L’histoire pour l’instant s’arrête là, la page a été supprimée, son administrateur probablement interpellé et les youtubeurs ont porté plainte pour diffamation, pour protéger leur vie également. Mais il faut le souligner, la sentence de mort émise court toujours. Au passage mentiçonnons dans le même intervalle une autre chasse aux sorcières contre la professeure de philosophie Mina Bouchkioua qui avaient déjà fait les affres d’une première sentence de mort  par l’inquisition takfirie en 2014. 

Revenons à Rafik Boubker qui va présenter d’autres excuses au peuple marocain, après avoir été cité dans le photomontage avec nos trois youtubeurs, via une story instagram : « Mes amis j’ai commis une erreur mais sans intention et sous l’effet de l’alcool. Je demande pardon à Allah et tout le monde … ». Certains internautes ont trouvé cette rengaine pathétique, d’autres triste, ou encore risible, condamnable, ou inutile. On devrait pourtant s’arrêter sur son insistance à assumer publiquement sa consommation d’alcool comme à assumer son islam et en clamant haut et fort que les deux ne sont pas contradictoires. Puisqu’il boit et a la foi musulmane. Malgré son interpellation, malgré le fait qu’il soit poursuivi en liberté, il réitère qu’il croit et boit malgré la loi qui le lui interdit. Là où certains voient une simplicité d’esprit, il semble qu’il s’engage ou tout au moins contribue à faire avancer le débat  sur les libertés publiques. Par cette répétition assumée, sa publication questionne la loi basée sur la chariaa, quand le terrain montre les statistiques de consommation d’alcool par les Marocains. 

De là, j’aimerai revenir aux représentants de l’ordre, forces judiciaires, législateur, et exécutif. 

Les uns font les lois, les autres les exécutent. Et entre eux il existe un peuple et au sein du peuple majoritairement dirigé par les lois du pays, des cellules islamistes terroristes qui profitent de ces mêmes lois impossibles à suivre par tous (les couples non mariés, homosexuels, consommateurs d’alcool) pour émettre des fetwas et tuer soit sur place soit en exportant ailleurs des Marocains transformés en  bombes  humaines. Bien évidemment, quand bien même le Maroc reverrait ces lois, cela n’empêchera pas la constitution de takfiris ou daéchiens qui estiment leurs lois au-dessus des lois d’une nation. Mais elle réduirait certainement le nombre de frustrés qui à défaut de pouvoir exercer une quelconque liberté ici-bas se laissent tenter par le discours de la liberté et la rétribution de l’au-delà. Discours culpabilisant pour discours culpabilisant et entravant, en l’absence d’outils pour se prémunir contre des énoncés manipulateurs, beaucoup de jeunes vulnérables restent la cible de ceux qui leur promettent un au-delà fait de vin licite et compagnes ou compagnons à souhait quotidiennement sans mariage et sans punition. La combinaison gagnante : une mission donc un objectif dans la vie, une protection pour accomplir des choses illicites comme tuer pour se retrouver vite dans une vie paradisiaque où tout ce qui est consommable et illicite sur terre est permis dans les cieux. Bien sûr la relecture de certaines lois n’est pas la seule solution, l’éducation aussi, les outils de langage et de pensée également sont à revoir ; à côté des mesures sécuritaires de lutte contre le terrorisme dont peut s’enorgueillir à juste titre le Maroc. Mais ce sont ces mêmes lois que la vindicte des takfiris use en plus de leur littérature extrémiste pour asseoir leurs menaces de mort. Il est clair à la lumière de ce récent appel au meurtre à l’encontre de Najib El Mokhtari, Othmane Safsafi et Marouane Lamharzi Alaoui  que le sécuritaire même de haut niveau, puisque salué internationalement dans la lutte anti terrorisme, n’est pas suffisant pour empêcher des illuminés de recruter et d’émettre des permis de tuer quiconque les gêne dans leurs desseins obscurs. De par mon parcours académique, je suis une adepte de la consolidation de l’apprentissage des élèves par les mécanismes d’énonciation, de discours et de réflexion, à même d’aider à prémunir les jeunes contre les discours manipulateurs. En tant que citoyenne, je défends ardemment des libertés individuelles pour qu’elles deviennent loi indépendamment des croyances, genre et orientations sexuelles.  

Puisque sur le terrain, la vie pratique démontre que sans être des hors-la-loi dangereux, la majorité des Marocains sont des contrevenants aux lois en contradiction avec les libertés individuelles. Le Maroc gagnerait à se débarrasser du flou juridique qui fait que certains de ses citoyens tombent sous le coup de la loi et pas d’autres ; sa lutte contre le terrorisme certainement aussi.  

S’il faut absolument continuer à être un pays musulman constitutionnellement, revoir quelques lois en contradiction avec des articles des conventions internationales ratifiées ne demandera pas grand changement, il me semble. En effet, la pratique de l’islam est différente d’un citoyen à l’autre, sa lecture du Coran également (notamment au sein d’une même famille, sunnite malékite). C’est un fait. Quant à la raison de prémunir le peuple contre les courants islamistes violents en conservant la charia telle quelle – celle-ci même qui peut et doit faire l’objet de jurisprudence  par des théologiens éclairés ainsi que recommandé par la religion pour l’adapter à l’espace-temps- elle est caduque, les takfiris mettant dans le même paquet les musulmans qui ne suivent pas à la lettre leur islam et leurs fetwas et surtout leur soif de sang. 

Certaines décisions immédiates comme la révision de certaines lois peuvent contribuer grandement au travail de longue haleine des sécuritaires et l’introduction dans le programme de l’éducation nationale de modules permettant l’éveil aux dangers de discours extrémistes. Sans être une adepte de toute la « pensée » de Victor Hugo, je suis persuadée de la justesse de cette citation : « cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous n’aurez pas besoin de la couper ». 

Déconstruire les discours extrémistes passe par l’éducation aussi

Il est grand temps d’utiliser l’intelligence chez l’autre et faire chemin inverse des extrémistes, islamistes en têtes. Il est grand temps d’enlever ce voile que ces groupes extrêmes jettent sur le cerveau et le corps des hommes et des femmes.

Bien sûr on peut, à cet effet, utiliser l’émotion car l’être humain raisonne certes, mais ressent aussi. L’émotion n’est pas toujours synonyme de vulnérabilité. 

Les islamistes ou extrémistes en tout genre, par contre, n’utilisent que la vulnérabilité, qui n’est pas forcément du ressort de l’émotion. Elle peut être affective certes, mais notamment financière, physique, matérielle. Et au lieu de faire des discours sur l’éligibilité ou non au paradis en tuant des supposés mécréants, au patriotisme en épousant des doctrines de la haine, il est grand temps de combattre les extrêmes sur leur propre terrain. Mais au lieu de manipulation langagière, user d’argumentation discursive. L’esprit retiendra toujours si on le lui apprend, que argumentation et manipulation sont tout aussi différents que syllogisme et syllogisme faux bien que tous deux s’appuient sur le raisonnement logique, en apparence seulement. L’un est raisonnement argumenté et l’autre est raisonnement faussé. Tous les objectifs ne servent pas l’individu ni la communauté. Le premier d’entre eux quand on se veut guide ou chef, devrait être de tenter d’empêcher la faiblesse que peut engendrer la vulnérabilité d’un individu ou groupe. 

Il est grand temps d’enseigner, dans nos écoles du primaire au supérieur quelle que soit la langue véhicule, l’analyse du discours ou l’énonciation appelée aussi théorie et genre, et de s’en servir. Cette matière enseigne les techniques du langage et les outils linguistiques pour écrire ou élaborer un discours par genre pour en munir l’apprenant. Son objet est donc d’outiller l’autre pour atteindre son objectif. Ainsi connaître les techniques d’un discours pour une cible donnée dépend du but et non de l’aire géographique ou historique. Preuve en est, on continue au 21èmesiècle à nous émouvoir en lisant des contes et tressaillir le long de l’histoire, même si on sait que la fin est forcément glorieuse, que le récit soit classique ou même fantastique avec ses phénomènes paranormaux. On ne diffère en rien d’un lecteur du 12ème siècle. Et les mêmes techniques fonctionnent sur nous en cette ère hyper connectée tout autant qu’aux tréfonds du Moyen -Age. Par exemple pour écrire un conte, il faut un héros, une quête, des adjuvants (des auxiliaires), des obstacles également. Et une fin heureuse. Avec une histoire différente de celles connues et des personnages différents, qu’on peut habiller comme on veut et faire voyager à travers espaces et temps, si on utilise les mécanismes et les techniques d’écriture du genre, on aura réussi à produire un conte. En effet, la trame est la même pour chaque conte. Il en va de même pour tout genre littéraire et pour tout discours extrémiste politisé. Qu’il utilise la religion ou son opposé, il a une trame qui atteint sa cible : la population vulnérable.  Et cette population est d’autant plus fragile qu’elle n’a pas les outils pour contrer le discours des anges de la mort. Car tout ce que préconisent ces extrémistes et tout ce qu’ils offrent c’est bien la mort. Qu’elle soit physique, mentale ou spirituelle. La mort de toute pensée libre et l’annihilation de l’individu. Leur trame n’est basée que sur la culpabilité ou la culpabilisation. Il y a un héros et des coupables à punir. La fin glorieuse dans ce cas ne se résume pas en un happy end pour soi. Dans cette configuration, seule compte la doctrine. L’individu est effacé, le groupe d’individus également.  

Et si on introduisait l’analyse du discours comme matière ou module en lieu et place non pas d’autres matières mais de chapitres interminables au sein de certaines de ces matières-ci ? celles-là même où les apprenants doivent ânonner sans en retenir le moindre mécanisme ? Alors le temps obligatoire consacré à l’apprentissage annuel serait le même mais avec à la clé un bénéfice réel : celui d’avoir mieux protégé nos enfants des endoctrinements et des cellules terroristes. 

Il serait temps de se souvenir que certains énoncés sont  « l’acte de ce qu’ils désignent », ainsi que nous l’a appris le philosophe, John Langshaw Austin, très étudié en linguistique, en théorie et genre ainsi qu’en ce qui se rapporte au discours. Le sens du discours c’est l’affirmation  plus l’acte qu’il comporte. 

Tout le monde pense, une fois le problème là à outiller les canaux de communications traditionnels à répondre et à colmater ses conséquences tant bien que mal. Il est grand temps d’arrêter de croire que doter les populations de certains mécanismes en amont est néfaste. Le manque d’outils ici  n’empêchera pas l’aval venu d’ailleurs d’être enclenché  …ici.

Sans verser dans l’optimisme béat, ce serait une manière juste parmi d’autres mises en place par les Etats, pour arriver à rendre moins poreuse la barrière à l’extrémisme.

Texte en date du 30 avril 2020

et la vie à l’infini

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(http://www.pokebip.com/pokemon/membres/galeries/1411/1411297439039860700.png)

Seule la mort ne tue pas à jamais

Sa violence assourdissante ressuscite l’être, le mot, le parfum, le sentiment. Comme une seconde vie à l’envers, à rebours, à contresens. Un méli mélo de sensations, un tohu bohu de sentis et de ressentis, un prisme noir révélateur de couleurs défendues

Oui Il n’y a qu’avec la mort que les choses ne disparaissent pas tout à fait

Comme l’opposé de l’amour, cet infini qui n’est pas doux

ma mère

Il y trois ans ma fille me l’avait offert , de ces cadeaux des fêtes des mères faits à l’école, aujourd’hui à mon tour de l’offrir à celle qui repose dans mon coeur et à côté de laquelle j’aimerai dormir quand viendra l’heure, elle dont, dans une vie foetale, j’ai connu les entrailles 

Pour ma mère – poème de Maurice Carême

Il y a plus de fleurs.
Pour ma mère en mon coeur
Que dans tous les vergers
Plus de merles rieurs
Pour ma mère en mon coeur
Que dans le monde entier.
Et bien plus de baisers
Pour ma mère en mon coeur
Qu’on en pourrait donner.

Il perdit cette clé comme on perd son âme. Elle rendit la même clé comme on rend l’âme…

Il n’aimait pas garder les clés car il détestait par dessus tout ressembler à tous ceux qui  les égarent systématiquement  et les cherchent perpétuellement comme des choses essentielles de leur quotidien. Un peu comme ces êtres dénués d’objectifs qui, inconsciemment se créent des habitudes ou encore s’inventent des angoisses de perdre ce qui donne sens à leur vie et tournent inlassablement en rond sans jamais trouver l’objet de leur quête.

Mais cette clé  empruntée, qu’ils s’étaient promis de garder  tous deux comme un remontoir d’un jouet qui les divertissait, un sésame d’une boîte à musique qu’ils s’étaient juré d’actionner comme des chefs d’orchestre pour eux-mêmes et pour d’autres, le temps d’un été, ne plus l’avoir en sa possession, le tétanisait.

Non pas comme une trahison à un serment quel seuls les enfants savent faire gravement, mais comme une lassitude de devoir écouter le cliquetis de toutes les clés pendues aux  trousseaux des siens sauf la magie de la douce rêverie ludique, passerelle vers un imaginaire qui, sans bruit, lui aurait ouvert bien des champs ignorés

Incurable

Il se lève de son siège de fortune difficilement, dans l’effervescence du matin dans ce quartier d’affaires, pour déplacer la barrière et me permettre de stationner. je freine sec avec juste l’envie de la lui voler des mains. et lui demander de retourner chez lui.. mais il n’a ni l’âge ni les moyens de la retraite. Et je n’ai pas non plus les moyens de cet élan qui restera silencieux. Son pied est bandé, enflé. La faucheuse s’installe insidieusement par le bas, en lui. La gangrène du diabète. j’en suis certaine. Amputés de moyens, lui pour pouvoir se soigner, moi de le soulager. Amputé (s), voilà ce que nous sommes, voilà la transition qui l’attend…