et la vie à l’infini

1411297439039860700

(http://www.pokebip.com/pokemon/membres/galeries/1411/1411297439039860700.png)

Seule la mort ne tue pas à jamais

Sa violence assourdissante ressuscite l’être, le mot, le parfum, le sentiment. Comme une seconde vie à l’envers, à rebours, à contresens. Un méli mélo de sensations, un tohu bohu de sentis et de ressentis, un prisme noir révélateur de couleurs défendues

Oui Il n’y a qu’avec la mort que les choses ne disparaissent pas tout à fait

Comme l’opposé de l’amour, cet infini qui n’est pas doux

Publicités

Les amours coupées

Unknown

Demain je me lèverai et j’oublierai la courbure unique de ta lèvre
Demain je me lèverai et j’oublierai l’ovale de ton ongle que j’ai voulu comme une racine indélébile
Demain je me lèverai et j’oublierai le son de ta voix qui tend ma peau comme l’inflexion du plus frémissant des tambourins
Demain je me lèverai et j’oublierai le battement de tes cils qui me chante subrepticement la mélodie de vingt printemps
Demain nous oublierons les cimes du vouloir que nos yeux croient illimitées
Car aujourd’hui tu cours en suivant les effluves de mon odeur portée par le vent
Aujourd’hui tu mets tes pas dans les miens à travers champs de coquelicots
Aujourd’hui tu veilles à ne froisser aucun pétale qui briserait l’enchantement écervelé où ces fleurs empoisonnées nous plongent
Aujourd’hui tu dictes au désir de sillonner un chemin de verdure au milieu de la sécheresse de nos possibles limités
Aujourd’hui tu penses nos deux sphères briller grâce à un nouveau soleil
À cause d’un hier qui nous a grandi sans féconder la tiédeur de notre jeunesse d’alors,
À cause d’un hier impérieux, et plus impétueux que le sentiment.
À cause d’un hier bouillonnant qui a jeté un voile sur ce que la physique avait deviné le premier jour
À cause de deux hier programmés pour un ailleurs lointain
À cause d’un hier insolent

Des rêves de béton

Il avait une superbe écornée à l’image de ce corps sans beauté mais travaillé dans ses contours pour plaire.
Il avait rêvé de murs et de terres sans rider ses mains ni habiter son corps.
Il avait le sourire joli mais hésitant sur des dents ébréchées qui racontait sa mécanique intérieure, sa façon de la nourrir, de ne pas la soigner que son regard de myope voilait sur des yeux de béton
La mort, il ne la craignait pas ni celle de son corps ni celle de ses projets. Il ne faisait les choses qu’à moitié pour ne jamais s’écrouler ni donner. Le verbe pronominal chez lui était réfléchi.
L’inachevé lui servait de pied de nez à son environnement affectif et physique lézardé…

 

Confidence intime

Confidence intime : souvent j’ai envie de prendre par la main ma fille pour l’éduquer ailleurs lã où elle se sentira un être à part entière, pas une moitié inférieure, celle du bas, c’est à dire un visage et un sexe. Souvent j’ai envie de l’emmener vivre en occident, là où il y a des théâtres de quartier, des cinémas de quartier, des expositions de quartier, des bibliothèque de quartier. Là où il y a des musiciens et des danseurs et des jongleurs qui investissent les trottoirs et pas seulement les bars et les cafés, les cafés et les bars. Là où l’école gratuite n’est pas une faillite, là où tout le monde à une couverture sociale et là où quand tu paies un service même une assurance maladie, elle te rembourse la valeur de ce que tu en attends. Là où elle sera aimée pour son esprit pas uniquement pour sa paire de jambes. Là où j’aurai moins peur du regard des hommes sur son corps frêle de mineur.
Mais quelque chose me retient ici. Ce n’est pas une zone de confort car je place le confort dans la libre jouissance des droits. Peut-être est-ce l’amour viscéral de ce pays qui ne nous le rend pas ou si mal… Peut être est-ce l’envie de ne pas le laisser être détruit par ceux qui le vampirisent au lieu de le servir et qui restent froids malgré la beauté de ses reliefs et des yeux si grands ouverts de ses habitants

ma mère

Il y trois ans ma fille me l’avait offert , de ces cadeaux des fêtes des mères faits à l’école, aujourd’hui à mon tour de l’offrir à celle qui repose dans mon coeur et à côté de laquelle j’aimerai dormir quand viendra l’heure, elle dont, dans une vie foetale, j’ai connu les entrailles 

Pour ma mère – poème de Maurice Carême

Il y a plus de fleurs.
Pour ma mère en mon coeur
Que dans tous les vergers
Plus de merles rieurs
Pour ma mère en mon coeur
Que dans le monde entier.
Et bien plus de baisers
Pour ma mère en mon coeur
Qu’on en pourrait donner.

Il perdit cette clé comme on perd son âme. Elle rendit la même clé comme on rend l’âme…

Il n’aimait pas garder les clés car il détestait par dessus tout ressembler à tous ceux qui  les égarent systématiquement  et les cherchent perpétuellement comme des choses essentielles de leur quotidien. Un peu comme ces êtres dénués d’objectifs qui, inconsciemment se créent des habitudes ou encore s’inventent des angoisses de perdre ce qui donne sens à leur vie et tournent inlassablement en rond sans jamais trouver l’objet de leur quête.

Mais cette clé  empruntée, qu’ils s’étaient promis de garder  tous deux comme un remontoir d’un jouet qui les divertissait, un sésame d’une boîte à musique qu’ils s’étaient juré d’actionner comme des chefs d’orchestre pour eux-mêmes et pour d’autres, le temps d’un été, ne plus l’avoir en sa possession, le tétanisait.

Non pas comme une trahison à un serment quel seuls les enfants savent faire gravement, mais comme une lassitude de devoir écouter le cliquetis de toutes les clés pendues aux  trousseaux des siens sauf la magie de la douce rêverie ludique, passerelle vers un imaginaire qui, sans bruit, lui aurait ouvert bien des champs ignorés

Incurable

Il se lève de son siège de fortune difficilement, dans l’effervescence du matin dans ce quartier d’affaires, pour déplacer la barrière et me permettre de stationner. je freine sec avec juste l’envie de la lui voler des mains. et lui demander de retourner chez lui.. mais il n’a ni l’âge ni les moyens de la retraite. Et je n’ai pas non plus les moyens de cet élan qui restera silencieux. Son pied est bandé, enflé. La faucheuse s’installe insidieusement par le bas, en lui. La gangrène du diabète. j’en suis certaine. Amputés de moyens, lui pour pouvoir se soigner, moi de le soulager. Amputé (s), voilà ce que nous sommes, voilà la transition qui l’attend…