Les amours coupées

Unknown

Demain je me lèverai et j’oublierai la courbure unique de ta lèvre
Demain je me lèverai et j’oublierai l’ovale de ton ongle que j’ai voulu comme une racine indélébile
Demain je me lèverai et j’oublierai le son de ta voix qui tend ma peau comme l’inflexion du plus frémissant des tambourins
Demain je me lèverai et j’oublierai le battement de tes cils qui me chante subrepticement la mélodie de vingt printemps
Demain nous oublierons les cimes du vouloir que nos yeux croient illimitées
Car aujourd’hui tu cours en suivant les effluves de mon odeur portée par le vent
Aujourd’hui tu mets tes pas dans les miens à travers champs de coquelicots
Aujourd’hui tu veilles à ne froisser aucun pétale qui briserait l’enchantement écervelé où ces fleurs empoisonnées nous plongent
Aujourd’hui tu dictes au désir de sillonner un chemin de verdure au milieu de la sécheresse de nos possibles limités
Aujourd’hui tu penses nos deux sphères briller grâce à un nouveau soleil
À cause d’un hier qui nous a grandi sans féconder la tiédeur de notre jeunesse d’alors,
À cause d’un hier impérieux, et plus impétueux que le sentiment.
À cause d’un hier bouillonnant qui a jeté un voile sur ce que la physique avait deviné le premier jour
À cause de deux hier programmés pour un ailleurs lointain
À cause d’un hier insolent

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